mardi 8 août 2017

THE FLASH : ADAPTER FLASHPOINT AU CINÉMA


L'une des plus grandes surprises de la San Diego Comic Con 2017 fut l'annonce d'un film Flashpoint dans le cadre du DC Extended Universe. Si rien n'a été officiellement communiqué sur ce sujet, il est plus que probable qu'il s'agisse du titre du long-métrage dédié au personnage de Flash, projet annoncé en 2014. Flashpoint c'est aussi et surtout le titre d'une mini-série publiée en 2011, extrêmement importante pour l'univers DC dans les comics. Mais une adaptation fidèle de cette histoire semble compliquée à la vue du statut actuel de l'univers cinématographique de DC. Néanmoins, la transposer sur grand écran ne me paraît pas impossible. Voici ma vision pour un tel film.

INTRODUCTION


Écrite par Geoff Johns et illustrée par Andy Kubert, Flashpoint est une mini-série publiée en cinq numéros, dont le terrain avait déjà été préparé à travers un prélude intitulé Road to Flashpoint. Durant la publication de l'histoire principale, DC Comics fit également le choix de développer l'intrigue à travers plusieurs autres mini-séries. En premier lieu,  intéressons-nous à l'histoire de Flashpoint. Un matin, Barry Allen se réveille et découvre que l'univers qui l'entoure a été totalement boulversé : sa mère est vivante alors qu'il la pensait morte assassinée, l'Europe a été détruite lors d'une guerre opposant les Atlantes d'Aquaman aux Amazones de Wonder Woman, et surtout il n'a jamais acquis ses pouvoirs. Cherchant des réponses à ses questions, et alors que les souvenirs de son ancienne vie s'effacent peu à peu, Barry va s'allier au Batman de cette ligne temporelle qui l'aidera à réacquérir sa vitesse surhumaine. Au milieu de cette dystopie, la seule figure familière qu'il retrouvera sera celle de son plus grand adversaire et assassin de sa mère, Eobard Thawne alias le Reverse-Flash. Pensant au départ que celui-ci est responsable de ce cauchemar, Barry va découvrir qu'il est en réalité lui-même à l'origine de cette nouvelle ligne temporelle, qu'il a créé en remontant le temps pour sauver la vie de sa mère. Cherchant à réparer la timeline, Flash va alors empêcher la version antérieure de lui-même de réécrire l'histoire, aboutissant au retour d'un statu quo presque normal. Presque, car Barry a en réalité rebooté la continuité. Il paraît ainsi évident que cette intrigue telle quelle ne peut être transposer à l'écran, et des modifications s'imposent.

SCÉNARIO


L'un des problèmes souvent évoqué pour la mini-série originelle est que celle-ci hésite sans cesse entre une histoire sur Flash et une histoire sur l'univers DC. Dans le cadre de cette adaptation cinématographique, il est primordial qu'il s'agisse clairement d'une aventure de Barry Allen. D'autre part, l'intrigue de ce long-métrage se doit d'être cohérente avec le reste du DCEU. Je vais ainsi partir du principe que dans Justice League, Batman aura parlé à Barry de son cauchemar vu dans Batman v Superman. Flash sera donc au courant qu'il est capable de voyager dans le temps. Le film Flashpoint débuterait avec un flashback rappelant les origines de Flash : d'abord une séquence montrant un moment de joie que partage Barry Allen enfant avec ses parents, puis le meurtre de sa mère et l'arrestation de son père et enfin la nuit où il fut frappé par un éclair dans le laboratoire du commissariat de Central City. Nous aurions ensuite droit à une ellipse, amenant à une séquence nous présentant la double-vie de notre héros. Barry cuisine un plat gastronomique pour un rendez-vous qu'il s'apprête à avoir avec Iris West, alors qu'il doit en parallèle empêcher un braquage. Ce prologue, long d'environ vingt minutes est nécessaire pour la suite. Il ne sert en effet à rien de vouloir bouleverser l'existence de Flash si celle-ci n'a pas d'abord été présentée. Nous enchaînerions avec le réveil de Barry, qui découvrirait son commissariat puis sa ville métamorphosés. Futuriste, Central City multiplierait les statues en l'honneur d'un Speedster nommé Eobard Thawne. Celui-ci aborde le même costume que Flash, à ceci près que les couleurs et le symbole sur le torse sont inversés. Égaré dans ce monde technologiquement avancé où il a perdu ses pouvoirs et où les habitants vivent dans un bonheur artificiel créé par le régime, Barry apprend que sa mère n'a jamais été assassinée et qu'elle vit toujours son père.

Alors que les jours passent, Barry tente d'abord de recontacter Iris : cette dernière est toujours journaliste mais accepte de diffuser la propagande de l'état et est mariée à un haut-fonctionnaire du régime. Cherchant ensuite à trouver les autres membres de la Justice League, il apprend que son ami Cyborg est le seul super-héros de cette continuité. Victor Stone étant devenu un symbole des Etats-Unis futuristes de Thawne. Continuant ses recherches, il découvre avec horreur que Superman n'a jamais existé : son vaisseau s'étant écrasé à Metropolis plus de trente ans auparavant, tuant Kal-El et rasant complètement la ville. Les médias font néanmoins état de l'existence du Batman, ici un justicier violent considéré comme un fugitif par le gouvernement. Barry se rend au manoir Wayne, croyant retrouver son mentor Bruce Wayne. Il s'aperçoit alors que le Batman de cette continuité est en réalité Thomas Wayne. Désillusionné quant à sa lutte contre le régime et la criminalité, Batman reprend cependant espoir grâce à Barry qui le convainc à l'aider à renverser Thawne. Les deux reproduisent alors l'accident qui permit à Allen d'acquérir ses pouvoirs. Alors que la première tentative est un échec, brûlant gravement Barry et manquant de le tuer, la seconde est une réussite, lui permettant de retrouver ses pouvoirs. Se faisant, les souvenirs de son ancienne vie commencent à disparaitre pour laisser place à une réécriture prenant en compte les événements ayant eu lieu dans cette timeline. Après s'être confectionné un nouveau costume grâce à la fortune des Wayne, Flash contacte Cyborg et réussi à le convaincre à l'aider à renverser Thawne, lui parlant de l'amitié qui les unit dans sa continuité.


Le troisième acte verrait Flash affronter Thawne alors qu'un soulèvement, mené par Cyborg et Batman, aurait lieu à Central City, l'éclair du Scarlet Speedster devenant un symbole d'espoir. Pendant ce combat, Barry accusera son ennemi d'avoir réécrit l'histoire afin de mettre en place son régime. Thawne lui répond en riant que cette timeline n'est que la conséquence de ses propres actions, se révélant être par la même occasion l'assassin de Nora Allen dans la continuité "normale". Celui qui se définit comme le Reverse-Flash explique en riant que Barry a remonté le temps pour empêcher ce meurtre, sauvant sa mère mais transformant l'univers. Thawne aura seulement profité de cela pour ériger un état sans crimes. Barry s'effondre, se voyant comme le méchant de cette histoire, Eobard lui parle de ses origines et s'apprête à lui porter le coup fatal, mais il en est empêché par Cyborg. Avant de mourir, Thawne réussi à déclencher une arme de destruction massive. Alors que la ville est en train de s'effondrer, Flash fait le choix d'utiliser ses pouvoirs pour remonter une nouvelle fois le temps mais cette fois-ci pour laisser le Reverse-Flash de tuer Nora, permettant ainsi un retour à la normale. Il prend cependant le temps de retourner voir une dernière fois ses parents unis, leur disant qu'il s'apprête à sauver le monde. Barry se met alors à courir, plus vite qu'il ne l'a jamais fait, et ouvre une brèche spatio-temporelle dans laquelle il s'engouffre. Alors qu'il voit plusieurs continuités, il réussit à rattraper la version antérieure de lui-même et l'empêche d'arrêter Thawne. Il retourne ensuite dans le présent où tout est revenu à la normale. Dans une dernière scène, Flash discute avec Bruce Wayne à qui il transmet une lettre que Thomas lui avait donné. Batman verse une larme en la lisant, alors que Barry repart dans un éclair, ayant désormais réussit à faire le deuil de sa mère.

RÉALISATION


Le long-métrage Flash a connu un développement compliqué jusqu'à présent concernant son réalisateur. Phil Lord et Chris Miller s'étaient vus offrir le poste, avant de le décliné pour partir vers une galaxie lointaine. Le romancier Seth Grahame-Smith avait ensuite signé pour mettre en scène le film, avant que Warner Bros. ne se sépare de lui à cause de son manque d'expérience. Puis, vient Rick Famuyiwa. Pendant plus de quatre mois, le réalisateur de Dope développa le projet et fit même une apparition à l'édition 2016 de la San Diego Comic Con pour en parler. Lui aussi finit par quitter le navire à cause de différents créatifs. Depuis, de nombreux autres metteurs en scène discutèrent du projet avec le studio des frères Warner. Parmi eux : Robert Zemeckis, Matthew Vaughn ou encore Sam Raimi. Et si ces trois derniers noms me paraissent très alléchants, j'ai dû mal à les imaginer rejoindre l'aventure Flashpoint. Mon premier choix pour mettre en scène ce long-métrage serait ainsi Brad Bird. Réalisateur issu des studios Pixar pour lesquels il a dirigé deux énormes succès : Les Indestructibles et Ratatouille. Deux films que l'on a guère besoin de présenter et qui lui permirent d'atteindre les Oscars. Bird s'est ensuite tourné vers le cinéma traditionnel et signa pour Paramount Mission: Impossible - Ghost Protocol. Une réussite critique et commerciale qui lui ouvrit les portes de tous les possibles. Alors que Disney lui offrit sur un plateau d'argent Star Wars VII, Bird déclina pour se consacrer à un projet plus personnel pour le même studio : Tomorrowland. Avec son budget titanesque et sa direction artistique vintage, le film fut un énorme échec au box-office à sa sortie en 2015. C'est pourtant bien ce long-métrage qui a su me convaincre : Bird y réussissait à établir un quotidien pour son héroïne avant de la plonger dans une réalité alternative.

Son amour pour la science-fiction des années 1950 et 1960 serait ici idéale pour retranscrire le régime autoritaire et futuriste d'Eobard Thawne qui s'inspirait de la représentation du 25e siècle vue dans les comics : un monde coloré, aux constructions rétrofuturiste et aux véhicules volants. Mais définir Bird comme le réalisateur n'est pas le limiter à un simple amateur de SF vintage tant il a démontré avec son Mission: Impossible qu'il était capable de filmer l'action au plus proche de ses acteurs et dans des décors urbains. En unissant les deux, il serait ainsi le parfait chef d'orchestre pour donner vie à cette version de Flashpoint : une dystopie technologiquement avancée bâtie sur un bonheur artificiel. Mais, et cela est tout aussi important, il est le choix rêvé pour filmer Barry Allen en mouvement. Il s'était déjà inspiré de ce dernier pour créer le personnage de Dash dans Les Indestructibles, et son traitement de la vitesse était dynamique et entraînant. Il manquait cependant un sens de grandeur qui pourrait ici lui venir de son travail sur Tomorrowland. Entre la palette graphique lumineuse et le sens des proportions pharaoniques, ce film pourrait être la parfaite base pour construire un Flash cinématographique unique, se distinguant de celui de Zack Snyder mais aussi des Quicksilver de chez Marvel Studios et de la Fox. Au-delà de la mise en scène, Bird s'est jusqu'alors habitué à écrire des histoires touchantes alternant entre drame et humour, mettant en avant des personnages humains et des thématiques comme l'héritage ou la famille, qu'elle soit biologique ou recomposée. Au-delà de simplement Flashpoint, ce réalisateur serait en mesure de comprendre ce qui fait la force et le succès de Barry Allen et de la mythologie des personnages secondaires qui l'entourent.

CONCLUSION


À travers cet éditorial, j'aurais donc tenté de vous convaincre, mais également de me convaincre moi-même, qu'une adaptation de Flashpoint pouvait fonctionner, malgré un certain désamour que j'ai pour cette histoire. Je n'ai donc souhaité que reprendre l'idée de base et quelques personnages pour ensuite les marier à d'autres éléments issus des comic books comme la mythologie d'Ebobard Thawne et son rapport au futur. Il paraît évident que Warner Bros. n'empruntera pas cette voie et, à la vue des réactions sur internet où tout le monde réclame à cor et à cri autant d'éléments qui n'ont rien à faire dans un film Flash comme une guerre opposant les Amazones aux Atlantes et une Martha Wayne transformée en Joker, je crains le pire. J'espère néanmoins que cette lecture vous aura plu. Si jamais vous êtes en désaccord avec plusieurs de mes choix ou que vous avez votre propre vision pour un film Flashpoint, n'hésitez pas à l'exprimer dans les commentaires.


2 commentaires:

  1. Bonjour Roméo,

    Tout d'abord merci pour ce post fort intéressant ! J'ai pris beaucoup de plaisir en le lisant, et j'espère donc que tu continueras d'alimenter ton blog puisque je le suivrai désormais avec enthousiasme !

    Passons maintenant au vif du sujet : Je te laisserai me corriger sur certains de mes propos car, et je pars mal avec ça, je n'ai jamais lu Flashpoint (seulement vu l'animé) et je n'ai jamais lu de Flash à proprement parler ! Cependant, je pense en savoir assez sur "l'histoire" du personnage pour pouvoir affirmer que :

    - L'idée d'un Flashpoint comme premier film solo du bolide écarlate dans le DCEU n'est pas une si bonne idée, d'après moi : Les fans hardcore de comics risqueront de basher totalement le film si celui-ci ne respectent pas assez, selon eux, l'œuvre originale ! Martha Wayne en Joker, ce n'est pas le moment dans un film Flash ! Ce que beaucoup de personnes ont tendance à oublier, c'est que Flashpoint subira des modifications plus ou moins grandes pour pouvoir faire de Flash l'élément central de l'œuvre, et non l'univers DC au sens large ! Donc, d'après moi, exit Martha, Le pseudo Superman de cette réalité, la guerre atlantes- amazones, ect, ect... On garde le Reverse-Flash, et certains autres personnages ( je trouve que garder Cyborg, le Batman, Iris et Nora est largement suffisant !!!), et puis Basta !

    - Secondo, le public lambda, donc ne connaissant rien aux comics, va-t-il réussir à comprendre l'histoire sans être perdu avec tous ces nouveaux éléments ? Je sais que d'ici-là le DCEU sera bien implanté cinématographiquement ( Aquaman, The Batman...), mais quand même !!! Et là encore, on risquerait un bashing de la part du public "lambda" également, si ce dernier trouve le film trop brouillon ! Après, et de fil en aiguille on y arrive, Cela dépendra du choix du réalisateur ! Personnellement, Vaughn m'enchenterait ! Il a cette aptitude de pouvoir faire des films géniaux avec des jeunes adultes dans le rôle principal ( Kick-ass, Kingsman...), et Flash est assez jeune par rapport aux autres membres de la JL dans le DCEU, donc c'est parfait ! Sachant qu'il scénarise égalament, très bien aussi (d'après moi), il s'agit d'un très bon choix au niveau de la réal.

    Concernant ton scénario, je l'ai personnellement trouvé très bien, logique et intéressant à la fois ! Pas grand chose à redire dessus. Par contre, j'espère que l'on aura de explications ou un rapport avec le cauchemar de Bruce dans BvS et ce Flash du futur, bien que JL devrait déjà y apporter quelques explications...

    Voilà, c'est tout pour moi ! Si tu n'es pas en accord avec un ou plusieurs éléments de mon commentaire, je t'en prie, débattons-en ensemble !

    MyDC (DCP)

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    Réponses
    1. Merci pour ce commentaire !

      Je suis parfaitement d'accord avec ton premier point : Flashpoint en tant que premier film solo pour le personnage n'est pas une bonne idée. À travers cet édito j'ai donc essayé de me convaincre moi-même en m'éloignant le plus du comics original qui est encore moins adapté à la situation.

      Quant à ton deuxième point je serais davantage nuancé : oui c'est un concept délicat à traiter. Mais dans un même temps, si cela est bien fait et que ledit concept est introduit dès Justice League, cela me paraît possible à mettre en scène.

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